Jeux Retrogaming

Focus – Black Mesa

Pas un remaster. Pas un remake. Un remastake !

Petit, je voulais être grand. C’est avec la plus grande jalousie que je regardais les gamins plus âgés faire du scooter, fumer en cachette la cartouche de cigarettes de leurs parents ou encore jouer à tous ces jeux merveilleux dont la limite d’âge aurait filé une crise d’urticaires aux miens. Quand je suis finalement retombé le nez en plein dans les jeux vidéo bien des années plus tard, j’ai retrouvé ce sentiment de frustration. Je croyais être heureux avec mes Uncharted et mes J-RPG à la mords-moi-le-noeud. J’étais convaincu que pousser des sticks vers le haut et presser des boutons me procurait du plaisir. Mais en réalité, je vivais un mensonge. A mon grand désarroi, je compris que j’avais vécu dans l’ignorance, que j’avais omis l’existence d’un pan entier du jeu vidéo : celui des gamers. Une espèce hostile de mammifères cannibals qui bouffent du simulateur de meutre au petit-déj’, du STR flingué à midi, du jeu indé russo-croate au goûter et des simulations de moto-crotte au dîner. C’est alors que j’entrepris de découvrir cet univers sombre et lugubre afin d’en faire moi aussi partie et ainsi toiser avec dédain les noobs ; jusqu’à ce qu’il ne me manque plus qu’un jeu majeur sur mon tableau de chasse : Half-Life.

Alors, autant vous dire que j’étais dans tous mes états lorsque j’ai appris que le jeu mythique de Valve allait bénéficier d’un coup de dépoussiérage par Crowbar Collective, une équipe de développeurs indépendants. Cette remise au goût du jour s’appelle donc Black Mesa. Le jeu est disponible en 1.0 depuis le 6 mars 2020 et a bénéficié d’un early access sur Steam pendant plusieurs années. Ce qu’il faut à tout prix savoir avant de s’y attaquer (vous l’aurez peut-être déjà lu dans l’intertitre), c’est qu’il ne s’agit ici ni d’un remaster ni d’un remake mais bien d’une sorte d’entre-deux un peu bizarre. En effet, Crowbar Collective s’est littéralement basé sur le jeu original afin d’en proposer simplement une version rafraîchie, capable de rivaliser avec la qualité visuelle de certaines productions actuelles sans pour autant atteindre des sommets. Exit donc le moteur de Quake et place ici au moteur Source. Ce changement de moteur accompagne, certes, de meilleurs graphismes, mais aussi la physique que l’on pouvait retrouver dans Half-Life 2. En plus de cela, le studio propose une version « longue » du dernier niveau du jeu : Xen. Valve avaient effectivement été un poil critiqués pour la fin de Half-Life jugée comme « expédiée » par les joueurs de l’époque. Xen n’est donc plus une anecdote…et ce n’est pas forcément une bonne chose.

En effet, je dois vous avouer qu’il m’est douloureux de critiquer Black Mesa tant je souhaitais l’adorer et en faire l’un de mes jeux de mon top 3. Mais, force est de constater qu’il échoue à ce qui, à mon sens, doit être le but premier de toute revisite d’une oeuvre, à savoir : s’inscrire dans son époque. Effectivement, à part vous dire que Black Mesa est un jeu sorti avec 20 ans de retard, il n’y a malheureusement pas grand-chose à raconter. Les mécaniques de jeu ont beau être à la hauteur de ce à quoi la série Half-Life nous a habitué -à savoir excellentes- elles ne suffisent pas à faire de ce pseudo-remaster/remake un bon jeu en 2020. Le level design, révolutionnaire à l’époque, ne suit pas et n’a de cesse de nous faire parcourir les mêmes environnements avant la bouffée d’air frais qu’apporte Xen. Le bestiaire est d’une pauvreté abyssale et vous fera transformer ad nauseam les mêmes ennemis en confiture de framboise durant la vingtaine d’heures que propose le jeu. Parlons maintenant du cas de Xen, comme je vous le disais plus haut, Crowbar Collective a eu l’idée de rallonger cette partie qui constitue la fin de l’aventure. C’est honorable. Le problème, c’est que cela ne marche pas puisqu’elle se contente de rajouter encore une couche de ce level design vieillot et ringard par-dessus tout le reste. Vous en aviez assez de pousser des boutons ou encore de tirer des leviers pendant des heures ? Pas de problème ! Crowbar Collective vous sert la même tambouille pour plusieurs heures supplémentaires ! Ô joie ! D’autant que le jeu n’est pas donné ; il vous faudra débourser $22 (hors taxes) sur Steam pour pouvoir vous le procurer.

HAS BEEN/20

On a aimé :

  • Un rafraîchissement graphique bien exécuté
  • Les clins d’oeil aux autres licences Valve

On n’a pas aimé :

  • Reste le cul entre deux chaises
  • N’apporte rien de plus que le jeu original
  • Xen
  • Le prix

Black Mesa n’est ni le remake ni le remaster que l’on était en droit d’attendre. Le jeu ne parvient pas à transcender l’oeuvre de Valve. Pire, il épuise et énerve à grand renfort de level design vieillot ou encore du manque de variété au niveau des situations qu’il nous fait aborder. Il m’est donc difficile de le recommander pour tout nouveau joueur et, encore plus aux joueurs qui ont adoré Half-Life à l’époque de sa sortie. Vous savez ce que l’on dit de la nostalgie : parfois il faut savoir la laisser tranquille afin de ne pas entâcher ses souvenirs. Bref, le jeu original reste incontournable…même en 2020.

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :