Jeux Xbox Series X

Halo – Chronique d’une série en quête d’un nouvel âge d’or

Halo... Cette licence qui, autrefois, était synonyme de grands jeux reconnus de tous se retrouve, maintenant, reléguée au rang de fer de lance d'un constructeur en perte de vitesse. Entre ces deux états de fait, une décennie. Dix petites années et deux jeux qui auront suffit à faire basculer l'opinion publique scandant haut et fort que Halo c'était mieux avant. Vraiment ?

Si l’on revient bien des années en arrière. Disons, une grosse douzaine d’années. Halo est au top de sa forme. Halo 3 cartonne, le Xbox Live est un succès et certains athlètes e-sport se voient mis en avant par de célèbres marques de soda. Lors de sa sortie, Halo 3 s’est conduit comme un véritable raz-de-marée : 2,7 millions de joueurs en une semaine, soit plus d’un tiers des abonnés Xbox Live à cette époque. Une performance exceptionnelle pour l’époque.

En se rapprochant un peu de nos jours, en 2015, Halo 5: Guardians réalisait une recette de 400 millions de dollars, soit une estimation de plus six millions de copies vendues, établissant ainsi un nouveau record de vente lors de la semaine de lancement pour la série, mais aussi pour la marque Xbox. À la vue de ces chiffres, la série n’a rien perdue de son aura dorée. Cependant, une impression demeure. La sensation que, malgré tout, Halo passionne moins, que le grand public s’en détourne et que, même si les ventes sont là, les joueurs iront forcément et rapidement voir ailleurs.

Halo 2 aussi a connu un lancement phénoménal : 1.5 million de précommandes et 2.4 millions d’unités vendues en 24h

Ça n’a pas manqué. Malgré un versant multijoueur d’excellente facture, la campagne solo de Halo 5 déçoit. Entre le temps d’écran très réduit du Master Chief, certains chapitres bien en dessous qualitativement et un scénario nous laissant sur notre faim, la campagne est loin d’avoir fait l’unanimité. Quand certains fans reprocheront à 343 Industries de s’obstiner avec les Forerunners, d’autres accuseront le studio américain de vouloir pousser l’iconique Spartan-117 vers la touche pour s’affranchir de l’héritage des créateurs de la saga, Bungie.

En effet, la fanbase historique de la série n’a que très peu goûté à Halo 4 et aux nouvelles aventures du Major. Entre la modification visuelle de l’armure du Master Chief, les Prométhéens, la nouvelle direction artistique ou encore l’intégration des Spartans-4, la campagne solo a fait débat. Et que dire du versant multijoueur du jeu ? Le sprint, les paquetages et autres scorestreaks ont été les arguments brandis bien haut pour accuser 343 Industries d’avoir, tout simplement, tué Halo. En écumant les forums et réseaux sociaux lors de la période suivant la sortie de Halo 4 je me suis aperçu que, pour de nombreuses personnes, le Halo d’antan, celui de Bungie, n’est plus. Le Halo tel qu’imaginé par 343 Industries n’a plus rien à voir avec leur chouchou. Et pourtant…

Lorsqu’on se penche sur le gameplay de Halo et ce qui fait la particularité, on y retrouve son système de shoot atypique et unique. On doit d’abord désactiver le bouclier de son adversaire avant de devoir enchaîner un tir à la tête fatal. Ce sont ces quatre tirs de BR qui font de Halo ce qu’il est, pas ses systèmes de jeux annexes. Le prochain Halo peut comporter ce qu’il veut du moment qu’il garde ce cœur de gameplay intact. J’irai même plus loin : 343 Industries DOIT intégrer de nouveaux éléments pour moderniser sa formule et ses mouvements. Halo 5: Guardians a, en ce sens, montré la voie à suivre en diversifiant le move-set de ses Spartans. L’intégration du sprint avait fait grand bruit avec le précédent jeu au sein de la scène e-sport mais avait été saluée par de nombreux observateurs. C’est ainsi que le studio a inclus une feature empêchant le bouclier de se recharger lorsqu’un joueur court afin de créer un rapport de risque/récompense bienvenu et incitant à accepter un duel plutôt qu’à fuir. Mieux encore, avec l’intégration des propulseurs dorsaux permettant de réaliser de court dash, le jeu offre désormais encore davantage de solutions pour favoriser les duels armes en main. De leur côté les nouvelles capacités comme l’escalade, la glissade, la Spartan Charge ou le Groundpound, ont pour but de diversifier, dynamiser et moderniser le gameplay. Il est extrêmement difficile de nos jours d’imagine un FPS dans lequel le héros ne pourrait pas se servir de ses bras pour escalader une corniche. Cependant, ces ajouts ne vont pas à l’encontre de ce qu’est Halo. Ils remettent simplement la formule au gout du jour, en essayant de ne pas la dénaturer.

Car il ne faudrait surtout pas oublier que, même si l’on aime le gameplay classique d’un Halo, le marché du FPS a bien changé depuis l’âge d’or de la série. Depuis Halo 3, le monde a vu s’imposer des mastodontes comme Call of Duty, Destiny ou encore l’avènement des Battle Royal. Durant ces 13 années, et encore plus durant la dernière décennie, le genre du FPS a très nettement haussé le rythme sur console. Call of Duty a notamment mis en gros coup d’accélérateur sur le tempo des parties avec des déplacements plus rapides, un time to kill nettement réduit ou encore un temps de réapparition presque instantané. C’est d’ailleurs leur instantanéité qui fait que ces FPS ont connu un tel succès. Faciles à prendre en main, disposant d’un rythme de jeu haletant et proposant d’une belle courbe de progression, c’est tout naturellement que le grand public s’est tourné vers ces titres.

C’est donc tout logiquement que la scène e-sport a emboîté le pas et fait, aujourd’hui, de Call of Duty le roi du sport électronique sur console avec un cash prize s’élevant, par exemple, à six millions de dollars pour son édition 2019. De son côté, la scène e-sport Halo connait des difficultés malgrés quelques soubresauts en 2014/2015 avec la sortie de Halo 2 Anniversary. Pour l’occasion, 343 Industries et Microsoft annoncent les Halo Championship Series avec à la clé : deux millions de dollars. C’est alors une belle année qu’ont pu vivre les fans. Personnellement, les HCS rythmaient mes week-ends. Tous les ingrédients étaient réunis pour proposer de bons moments : un gameplay technique et précis, des casters donnant vie aux affrontements et des stars au top réalisant des big plays de toute beauté. Malheureusement, certaines de ces stars ne sont plus de la partie et ont logiquement préféré se tourner, au fil des années, vers de plus lucratifs et populaires horizons. Formal et Frosty ont rejoint la scène Call of Duty, Snipedown démontre sa maîtrise du pad sur Apex Legends et Ninja est devenu le streamer le plus renommé de la planète. De même, chez les casters, Goldenboy est maintenant devenu un présentateur star sur Twitch pour différents reveals ou compétitions et a même fait ses débuts à la télévision lors des shows de la fédération de catch All Elite Wrestling ou en tant que présentateur de Titan Games.

Nombreux sont les fans de la licence espérant la voir revenir au premier plan. Si cela semble compliqué compte tenu de l’évolution du marché dont nous parlions plus haut, il n’est pas farfelue de penser que le jeu puisse retrouver une place de choix au sein des ludothèques. Il y a clairement une attente et un engouement certain autour de la licence. Et si finalement son problème principale ces dernières années n’était pas, tout simplement, la Xbox One ? Puisque Halo Infinite sortira non seulement sur Xbox One, mais aussi sur Xbox Series X et PC, il y a fort à parier que l’accueil sera d’emblée plus chaleureux.

Cependant, il ne faut pas occulter les faiblesses qui ont fait défaut à Halo 5: Guardians. Halo Infinite se devra de continuer sur la lancée de son prédécesseur concernant le multijoueur mais devra surtout proposer une campagne tout simplement impeccable. Il faut à tout prix que Master Chief revienne au centre du récit. J’aime beaucoup le Spartan Locke mais en avoir fait le personnage jouable principal de Halo 5 était une erreur. Cependant, il n’est pas trop tard. Halo Infinite génère d’ors et déjà une grosse attente. Si celui-ci se permet le luxe d’être un porte-étendard impeccable pour la Xbox Series X, peut-être que la série pourrait s’offrir un nouvel âge d’or. Qui sait ?

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