Jeux

Focus – Ghost of Tsushima

Le dernier samouraï

Lorsqu’un Khan mongol décide d’envahir la petite île japonaise de Tsushima, il se heurte à l’opposition de ses habitants emmenés par toute une ribambelle de samouraïs armés jusqu’aux dents. Vous incarnez l’un d’eux, Jin Sakai, un homme qui se retrouvera vite tiraillé entre son rapport au bushido et l’attrait du ninjutsu dans une tentative de libérer son oncle des griffes de l’envahisseur. Une ambigüité qui hantera Jin du début de sa quête jusqu’à son achèvement. Un point de vue et un angle délibérément pris par les scénaristes de Suckerpunch qui fait, ma foi, vraiment du bien au jeu vidéo en tentant intelligemment de rafraîchir les différents thèmes qu’il aborde habituellement. Là où ça coince par contre, c’est que l’histoire retombe finalement dans un schéma Ô non moins classique de vengeance qui va peu à peu altérer la personnalité de notre cher protagoniste. Un contraste entre le concept et son exécution qui devient de plus en plus frustrant au fil de l’aventure. Je n’en attendais pas non plus une étude freudienne du concept d’honneur mais je continue tout de même de penser qu’il était possible de faire quelque chose avec Ghost of Tsushima.

Si le jeu déçoit du point de vue de son scénario, il brille pourtant du côté de son gameplay et notamment de ses combats qui laissent entrevoir un système beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît. Le joueur aura à sa disposition plusieurs arbres de compétences lui permettant d’améliorer son habilité au sabre ainsi que plusieurs armes ninja qui viendront pimenter un peu chaque affrontement. Ces derniers sont intenses voire parfois mortels tant les ennemis vous arracheront des portions entières de votre barre de vie pour vous punir de la moindre erreur commise. Ghost of Tsushima a beau ne pas être un Dark Souls, il n’est pas non plus une balade en forêt. Si les combats sont excellents, le jeu peine par contre à prouver la plus-value de son infiltration qui reste finalement au ras des paquerettes sans même daigner chercher à être original. Le pire, c’est qu’il vous l’impose parfois à travers certaines quêtes scénarisées. A vous donc d’essayer de trouver un intérêt au slalom de bigleux et au cache-cache dans les touffes d’herbe. Encore pire, c’est que la caméra a parfois beaucoup de mal à suivre et va souvent se nicher dans des angles improbables ; notamment dans les espaces confinés. Votre première tâche en tant que samouraï en herbe sera donc d’apprendre à la maîtriser.

Le monde ouvert de Ghost of Tsushima a largement été qualifié de novateur çà et là, que ce soit dans la presse spécialisée ou du côté des influenceurs. Certains l’ont même comparé avec Zelda: Breath of the Wild en invoquant sa capacité à guider le joueur de façon organique grâce au vent. Le problème, c’est que cela ne change fondamentalement rien. Le joueur a toujours une carte à sa disposition ainsi que différents marqueurs à y placer. Finalement, le vent ne devient plus qu’un gimmick au même titre que le GPS dans les Grand Theft Auto. De plus, les différents objectifs et autres activités sont directement pompés sur ce qui se fait déjà ailleurs ; Assassin’s Creed, notamment. Difficile donc de cautionner les différentes louanges faites au sujet de ce jeu.

Là où le titre brille véritablement, c’est au niveau de sa technique. La PS4 est maîtrisée de bout en bout et apporte de ce fait un confort de jeu indéniable manette en mains. Les temps de chargements ? Anecdotiques. Le framerate ? Une horloge suisse. Les décors ? Somptueux. Bref, Ghost of Tsushima est bel et bien une démonstration technique en plus d’être un véritable jeu (prends ça dans les dents, The Order: 1886 !!!). Seules certaines animations sont d’une qualité somme toute médiocre. Je pense notamment à l’animation de saut que je trouve particulièrement affreuse et ratée (je pinaille). Cette maîtrise du hardware est également mise au service d’une mise en scène sans fausse note qui ravira les aficionados de films de samouraïs…à la seule condition d’apprécier la direction artistique choisie par le studio qui a préféré miser sur un mélange de réalisme et de cartoon. Un entre-deux auquel je suis resté tout particulièrement insensible.

UN JEU CORRECT

On a aimé :

  • l’exploration très poussée
  • le système de combat exhaustif
  • techniquement irréprochable
  • la fidélité culturelle et historique
  • la mise en scène

On a pas aimé :

  • la direction artistique discutable
  • l’histoire peu originale
  • la caméra aux fraises
  • la qualité médiocre de certaines animations
  • ne révolutionne aucunement le jeu en monde ouvert

Ghost of Tsushima nous aura fait rêver mais, malheureusement, il ne se révèle être qu’une fidèle copie de ce qui se fait déjà ailleurs chez les Ubisoft et consorts. La trop grande répétitivité en matière d’activités et d’objectifs porte préjudice à son exploration et son système de combat qui sont clairement ses deux meilleurs arguments. Les fanatiques d’Assassin’s Creed apprécieront quand les autres n’y verront qu’un monde ouvert de plus, un monde rempli de rien qui épuise le joueur passé la dizaine d’heures de jeu. Loin d’être mauvais, Ghost of Tsushima n’en restera pas moins une addition de bonnes idées au résultat oubliable.

Ghost of Tsushima est disponible sur PS4 au tarif conseillé de $79.99 (70 €).

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