Jeux Xbox Series X

Mea Culpa – Ghost Recon: Breakpoint

Je t’aime. Moi, non plus.

Ghost Recon: Breakpoint (GRB) et moi, c’est compliqué. Après avoir retourné Wildlands ainsi que ses deux extensions (okay, Narco Road, c’est de la merde) dans tous les sens des mois durant, je ne cache pas que j’attendais fébrilement sa suite. Quand Ubisoft leva enfin le voile sur le jeu, ce fût comme un soulagement pour moi et ce, à plusieurs niveaux. Déjà, le développeur français semblait vouloir mettre l’accent sur l’aspect survie et « seul contre tous » pour ce nouvel opus. Nomad, l’avatar, semblait plus lourd, plus réaliste dans sa manière de bouger et de se déplacer. Les premières images laissaient voir une végétation luxuriante, propice à l’infiltration et plus immersive que dans l’épisode précédent. Bref, GRB s’annonçait comme l’expérience tactique/survie ultime comme a pu l’être Metal Gear Solid 3 à son époque. Les premières previews ne tardent pas à fuser et c’est l’inquiétude qui semble dominer le petit monde de la presse jeux vidéo. Certaines rumeurs évoquaient même des modifications apportées pour mieux plaire aux joueurs occasionnels ; les fameux « casus ». Même si la presse jv a tenu une place importante dans mon identité de joueur, je dois avouer que je n’ai pas voulu perdre foi en ce projet-là malgré tout. Alors, était-ce de l’auto-persuasion ou du déni ? Je ne saurais dire. En tout cas, une précommande et quelques mois plus tard me menèrent exactement là où je ne voulais pas atterrir : finir par perdre confiance en la licence et Ubisoft de façon générale.

Cela peut paraître excessif mais quand vous investissez $80 (CAD) dans un jeu et que vous n’arrivez même pas à le faire fonctionner sur votre machine, il y a de quoi tirer une tronche de 3 kilomètres. La raison ? Eh bien parce que l’équipe éditoriale d’Ubisoft a eu la merveilleuse idée de rendre un jeu jusque là essentiellement solo en jeu multijoueur. Pourquoi ? Aucune idée. Du coup, je ne vous raconte pas ma grogne quand j’ai réalisé qu’une connexion permanente était désormais obligatoire pour jouer à Ghost Recon. A noter qu’à l’époque, je jouais sur Xbox One avec une connexion internet à la vitesse légendaire de 250 kb/sec… Autant vous dire que je n’ai pas pu beaucoup y jouer à GRB ! Lors de rares pics de vitesse, ma connexion m’a tout de même permis de faire le tutoriel du jeu et d’avoir un aperçu global de ce que pourrait être cette suite que j’attendais tant. Ses défauts m’ont tout de suite sauté aux yeux : le jeu est affreusement laid, la maniabilité n’est pas celle que le studio avait promis (personnage léger manquant de réalisme), la balistique semble avoir régressé par rapport à Wildlands, l’IA est à la rue, l’aspect survie semble être absent de cette version finale, le monde est jonché d’activités toutes plus inintéressantes que les autres, la puissance de feu des ennemis est bien trop importante par rapport à celle du joueur, le hub central qui ne sert à rien ou presque, les menus bordéliques nés de l’esprit malade d’un être sadique et sans coeur, certaines missions principales pensées uniquement pour la coopération à 4 joueurs… Bref, c’était un véritable désastre. C’est à ce moment là, chères lectrices et chers lecteurs, que je rangeai tristement mon casque et mon treillis en ne pensant jamais les renfiler un jour.

C’est presque un an plus tard, longtemps après avoir revendu ma copie console du jeu, que je tombe sur lui alors que je suis en train d’éplucher les promotions sur Uplay, le store d’Ubisoft. Je le vois à $20. « Même pas avec un flingue sur la tempe je te reprendrais, toi ! » me dis-je. Puis, finalement, l’idée fait son petit bonhomme de chemin dans ma tête et je finis tout de même par faire quelques recherches sur la toile pour voir si le jeu a été amélioré/réparé entre temps. Certains internautes parlent d’un « mode réaliste » sur Reddit. Mouais, une sorte d’équivalent au mode Ghost de Wildands, quoi. Intéressant, mais pas assez pour me pousser à l’achat. Puis, je vois que les « IA teammates » (membres de l’unité gérés par l’IA) vont bientôt être implémentées pour satisfaire les joueurs qui, comme moi, ne veulent absolument pas avoir recours au matchmaking. Ah là, on discute. Je me suis donc laissé tenter une nouvelle fois finalement.

Disons-le tout de suite, GRB n’a pas drastiquement changé depuis sa sortie initiale en octobre 2019. Mais, ce sont les petits coups de « polish » donnés çà et là par les développeurs qui le rendent tout de même intéressant à parcourir aujourd’hui. L’IA a été revue et corrigée (ne vous attendez pas non plus à tomber de l’armoire, hein) ; même si les ennemis ont toujours cette facheuse tendance à converger vers vous en cas d’alerte, ce qui les rend d’autant plus faciles à éliminer. La balistique, telle que nous la connaissions sur Wildlands, semble de retour pour le plus grand bonheur des esthètes du headshot. Les compagnons gérés par l’intelligence artificielle font vraiment la différence lors de certaines missions qui seraient autrement presque impossible à terminer en solo. Je recommande toutefois de les désactiver dès que vous en avez l’occasion histoire de ne pas trop nuire à l’expérience souhaitée par Ubisoft Montreuil. Le mode réaliste, lui, aurait dû être présent dès le lancement car je ne vois pas comment on peut penser jouer à un tel jeu dans un autre mode de difficulté. Dans les faits, il n’apporte pas beaucoup plus néanmoins. La raison étant que le joueur a toujours le contrôle sur son expérience globale et peut la modifier simplement en quelques clics via le menu des options. Vous pouvez donc concrêtement alléger la difficulté au niveau des ennemis et au contraire mettre tous les potards à fond concernant les blessures et la gestion des objets ; ou inversement. A vous de voir. En ce qui concerne tout ce qui n’a pas été amélioré, on peut notamment relever que le jeu est toujours aussi laid et assez mal optimisé sur PC. Pour vous donner une idée, je joue sur une RTX 2070, un Intel I5 9600K avec 16 Go de RAM en DDR4 et je ne peux pas atteindre les 60 fps en 1440p (en ultra). Je suis donc obligé de le faire tourner en 1080p pour atteindre ce niveau de fluidité. La distance d’affichage et la végétation jouant un rôle prépondérant dans cet opus, je ne me vois pas jouer à un autre niveau de détails qu’en ultra. Les goûts et les couleurs, vous savez. A côté de ça, DOOM Eternal tourne en 4K 60 fps en ultra sur cette même config’… Autre point important à noter, il n’y a plus de niveaux attribués aux équipements désormais ; ce qui en ravira certains et en agacera d’autres. Il me semble que cette option est quand même paramétrable. A vérifier. La survie n’a pas non plus bénéficié d’améliorations notables. On peut tout de même modifier la quantité d’objets de soin via le menu des options. C’est regrettable surtout quand on sait à quel point cet aspect semblait compter initialement pour les équipes de développement. Les menus sont toujours aussi illisibles et peu ergonomiques et vous rendront fou à chaque fois que vous voudrez changer d’armes ou modifier votre inventaire. Je voudrais également terminer sur un point qui me semble important : la question du camouflage. Si, comme moi, vous ressentez le besoin d’adapter votre camouflage en fonction de l’environnement dans lequel vous vous situez, eh bien vous ne serez pas ravis d’apprendre que, comme dans Wildlands, il n’a absolument aucune incidence sur votre détection par les ennemis. Une fois encore, le camouflage est réduit uniquement à sa fonction de cosmétique et reste encore et toujours un truc de roleplayer. Dommage. Pire, la majorité d’entre eux devront être débloqués via de la monnaie virtuelle auprès de Maria, la marchande présente à Erewhon, le hub central. Je suis joie.

POUR LES FANS, UNIQUEMENT

Oui, Ghost Recon: Breakpoint est accidenté. Oui, il est encore imparfait malgré presque douze mois de maintenance par l’équipe de développement. Mais, il reste néanmoins une expérience intéressante pour tout fan de jeu de tactique/infiltration qui se respecte. Une expérience qui vaut plus que jamais le coup d’être parcourue ; que ce soit en solo ou en coopération. Néanmoins, il est peut-être trop imparfait pour plaire aux novices qui préfèreront, eux, son prédecesseur, Ghost Recon: Wildlands, qui propose un monde ouvert plus varié ainsi qu’une emphase sur la tactique sans prise de tête plutôt que sur l’infiltration. D’autant qu’il offre également une interface et des menus plus lisibles et ergonomiques. Dans tous les cas, je recommande d’attendre une promotion avant de penser à se le procurer.

Ghost Recon: Breakpoint est disponible sur PS4, Xbox One et PC au tarif conseillé de $79.99 (70 €).

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